Au matin de Pâques : quid de la Bienheureuse Vierge Marie ?
À la célébration de la Solennité de la Résurrection de Jésus le Christ, les 4 et 5 avril derniers, la liturgie de l’Église a fait appel aux évangélistes Mathieu et Jean, respectivement lors de la veillée pascale et à la messe du jour de Pâques. Ces évangélistes ont relaté comment Marie Madeleine, l’autre Marie, et les disciples, accèdent progressivement à la certitude que Jésus le crucifié, est ressuscité. Marie, « la rachetée », a même eu le privilège de lui saisir les pieds ! Mais, quid de Marie, « la préservée » ? Qu’en est-il de celle qui écoute la parole de Dieu, la garde, et croit à son accomplissement (Cf Lc1,45 et Lc11,28) ?
Dans la passion et la mort de son fils, La Vierge Marie a vécu la réalisation de la prophétie du vieillard Syméon : « et toi, ton âme sera traversée d’un glaive » (Lc2,35). Mais, elle ne pouvait avoir oublié cette parole de son fils : « le fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera » cf Mt17,22-23 et Lc18,32-33). Il serait bien légitime de penser qu’elle est la seule personne à n’avoir point douté, encore moins désespéré ; donc, la seule personne à avoir guetté l’aurore du troisième jour, avec « une foi intacte ». Le père Jean-Marie HENNAUX, commentant la quatrième semaine des exercices spirituels de Saint Ignace de LOYOLA, affirme que « l’apparition du Christ ressuscité à Marie est la condition de possibilité de toutes les autres ». Car, de toute l’humanité, elle demeure cet « espace totalement virginal où son apparaître peut pleinement se déployer, où sa gloire et sa joie peuvent en totalité se communiquer et se constituer ». Cependant, discrétion et silence continuent d’envelopper sa vie de fille et de mère de Dieu et de la nouvelle humanité. Et pourtant, quand « le fruit de ses entrailles », « la chair de sa chair », entre dans la gloire de sa royauté divine auprès de son Père, c’est elle aussi, et déjà, qui est revêtu de gloire. Voilà pourquoi durant le temps pascal, l’Église reconnaît en elle la Reine du ciel appelée à exulter dans la joie de la résurrection ; « Regina caeli laetare, alléluia » !
Du 1er jour de la semaine au 50ème jour, vivre le temps pascal avec Marie, la mère du Ressuscité.
Le disciple que Jésus aimait, sur recommandation de son maître, a pris chez lui la mère du Crucifié. Si nous avons imité la démarche de ce disciple, cela s’est peut-être matérialisé par la présence symbolique d’une médaille ou d’une icône ou encore d’une statuette représentant la mère du Ressuscité dans notre maison.
En ce mois de mai où la nature déploie sa beauté printanière comme une expression de renaissance de la vie, nous pouvons redonner du sens à la précieuse compagnie de Marie, Mère de l’Église universelle et de nos églises domestiques : un coin de prière, le chant quotidien du « Regina caeli laetare », la méditation des mystères glorieux de la vie de Jésus et de Marie, la visite ou le fleurissement d’une chapelle qui lui est dédiée, un pèlerinage marial ; ou paroissial (samedi 9 mai) !
Le livre des actes des apôtres rapporte que lorsque leur maître s’éleva au ciel au 40ème jour (jeudi 14 mai), « ils retournèrent à Jérusalem, montèrent dans la chambre haute, et tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière… avec Marie, la mère de Jésus » (Cf Ac1, 12-14). C’est alors qu’adviendra au 50ème jour, par l’action de l’Esprit Saint, le temps de l’Église dans sa double dimension pétrinienne et mariale. Déjà le vendredi saint, alors que le Maître proclamait la maternité ecclésiale de sa mère, et l’adoption filiale et divine de son disciple en cette maternité, l’Esprit Saint sourdait du Cœur du nouvel Adam, alors sur la croix.
N’est-ce pas que les chrétiens l’ont entendu sourdre lors de la veillée pascale, cet Esprit-Saint ?
Résultat, 13 000 néophytes en France, dont 6 dans la paroisse Bienheureux-Célestin-et-Michel-en-Val-de- Cens !
Vivons donc ce mois de mai avec la mère du Ressuscité, dans la discrétion, l’écoute, et la prière.
« Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn2,5), nous chuchote-t-elle toujours.
Alain Michel Guissou, prètre

