Fête de l’Assomption…
« Dieu éternel et tout puissant, tu as élevé jusqu’à la gloire du ciel, dans son âme et dans son corps, Marie, la Vierge immaculée, la mère de ton Fils. Fais que toujours tendus vers les réalités d’en haut, nous obtenions de partager sa gloire »…
L’Assomption.
Fête de Marie, montée au Ciel.
Fête de l’Eglise, qui espère partager sa gloire.
Fête de l’Eglise qui, grâce à Marie, se rassemble aujourd’hui en tant d’églises paroissiales et de sanctuaires, sur tous les continents.
Bien sûr, les grands sanctuaires – Lourdes, La Salette, Rocamadour ou Pontmain – mais aussi tant de chapelles comme Bongarant vers lesquelles nous aimons venir en pèlerinage, expresssion de notre marche vers les réalités d’en haut…
Marie nous conduit vers son Fils…
Quelles sont les représentations de Marie qui nourrissent notre foi… ? Chacun a une histoire unique avec Marie.
Personnellement, quand j’entends cette question, je pense à…
Notre Dame de Pontmain, tenant une croix rouge entre ses mains, dans un ciel étoilé, avec cette demande – « Priez mes enfants, mon fils se laisse toucher, il vous exaucera bientôt ».
Je pense aussi à Notre Dame de Yagma, en périphérie de Ouagadougou, où Marie, debout présente son fils au monde à bouts de bras…
Je pense encore la Madone des premiers pas, dans l’oratoire de l’évêché… Marie avec une grande douceur, une grande délicatesse, apprend à Jésus à marcher…
Quelles sont les représentations de Marie qui nourrissent notre foi et nous conduisent à Jésus… ? Chacun a les siennes ; quelles sont les vôtres ?
Que serait l’Eglise sans Marie ? Sans sa figure maternelle ?
Sans la possibilité de lui demander de « prier pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort » ? Sans la possibilité d’apprendre d’elle l’exultation, la supplication, l’Espérance ou la consolation.
Cet après-midi, reconnaissons la trace du salut que Jésus a laissé dans nos cœurs par Marie et qui donne chair à cette parole du Magnificat –
« désormais toutes les générations me diront bienheureuses »…
En ce jour, remercions Marie !
Que serait l’Eglise sans Marie ?
L’Eglise n’existerait pas.
Car Jésus ne serait pas venu au monde.
Marie a une destinée singulière, unique dans l’Histoire de l’humanité.
Elle a porté en ses entrailles Dieu lui-même ; au point que l’on puisse dire « c’est tout un du Christ et de Marie ».
Dans l’Apocalypse de saint Jean, l’apôtre voit une femme drapée du soleil, la lune sous ses pieds. Jésus est le soleil levant. Marie est revêtue du Christ en même temps qu’elle le porte en ses entrailles.
Et nous comprenons un peu mieux ce que disait Jésus lors de la dernière Cène : « qui demeure en moi et moi en lui portera beaucoup de fruit »…
C’est tout un du Christ et de Marie ! « Le fruit de tes entrailles est béni ! ». Au point que Marie, dans son âme et son corps, est élevée à la gloire du ciel.
Par Marie, Jésus vient au monde et nous révèle le visage d’un Dieu Père.
Jésus dans un amour filial, nous introduit comme fils à notre tour, dans une fraternité universelle – si difficile à conquérir ; à rechoisir chaque jour. Jésus est venu pour apporter la paix. C’est l’aspiration la plus profonde qui siège dans le cœur de l’homme et qui traverse toute l’existence de Jésus de la crèche à la croix.
Au-dessus de la crèche, les anges chantent « Gloire à Dieu et paix sur la terre » ; après la résurrection, la première parole de Jésus à ses disciples est « la paix soit avec vous ».
Comme il nous faut désirer la paix entre les hommes ! C’est bien ce qui traversera sans doute le voyage apostolique du pape Léon qui a ouvert son pontificat en évoquant la paix, désarmante et désarmée.
Cette paix – fruit de l’amour donné jusqu’au bout, Jésus la manifeste en son corps, déposé sur la croix. Il étend les bras pour rassembler l’humanité tout entière en un seul peuple.
En confiant Jean à Marie et Marie à Jean, au pied de la croix, il fait naitre l’Eglise. Il fait des hommes qu’il rassemble, son corps – et lui est la tête.
Alors, de même que nous avons dit « c’est tout un du Christ et de Marie », nous pouvons aussi dire… « c’est tout un, du Christ et de l’Eglise ». Il
est la tête ; nous sommes les membres.
L’Eglise – Corps du Christ est un peuple en marche, dans les ombres et les lumières de ce monde. Par la mort et la résurrection de Jésus, nous comprenons combien nous sommes ici-bas des pèlerins destinés à la vie éternelle comme l’indiquait saint Paul, dans la deuxième lecture – « de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie ».
Mais quel chemin emprunter ?
En ce jour où nous contemplons Marie élevée dans la gloire du ciel ; à quelques jours de l’ouverture de l’année « Père de Montfort » dans notre diocèse, comment ne pas penser à notre grand saint de l’Ouest et à son enseignement lumineux…
Aller à Jésus, par Marie.
C’est notre espérance. En ce jour de l’Assomption, nous nous souvenons de la destinée de notre corps de chair : « tendus vers les réalités d’en haut », appelés à « partager sa gloire » ; appelés à être engendré à la vie éternelle.
En espérance. Et dès aujourd’hui, par la foi.
Jésus est passé par Marie pour venir jusqu’à nous.
Saint Louis Marie nous exhorte : dès aujourd’hui, allons à Jésus en prenant le chemin inverse. Passons, nous aussi, par Marie.
Aujourd’hui, épousons les sentiments de Marie, ses dispositions profondes. Désirons lui être unis : nous sommes le fruit béni de ses entrailles.
Au point d’oser dire « c’est tout un de Marie et de l’Eglise ».
Ici-bas, Marie a accueilli avec confiance tout évènement, heureux ou douloureux, totalement remise à Dieu…
La visitation, le chant du Magnificat sont des événements joyeux.
D’autres sont plus sombres… La croix traverse son existence. Une naissance en des circonstances difficiles puis la prophétie du vieillard Siméon ; le massacre des saints Innocents, par Hérode – conséquence indirect de son oui – puis l’exil, la fuite en Egypte…
Plus tard, Marie se tiendra debout au pied de la croix, avant de partager avec les disciples au Cénacle, l’exultation de la Pentecôte.
Marie a vécu tous ces évènements dans ses entrailles.
Parmi nous, celles qui ont eu la grâce d’être mère savent que la joie et l’épreuve d’un enfant devient la joie et l’épreuve de la mère.
« L’enfant a tressailli d’allégresse en moi » dit Elisabeth, elle-même rendue toute joyeuse. « Voici que cet enfant (…) sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive » prophétise le vieillard Siméon. L’épreuve de l’un devient l’épreuve de l’autre.
Marie a vécu tous ces évènements dans ses entrailles au cours de sa vie terrestre.
Marie porte chacun de nous, dans ses entrailles.
Auprès de son Fils dans la gloire du Ciel, elle veut orienter toute notre existence vers lui, en tant que nous sommes l’Eglise en marche dans l’Histoire, mais aussi en tant que personnes uniques.
Apprenons de Marie à marcher ici-bas, avec sa confiance – parce que les yeux fixés sur son Fils.
Apprenons le en nous laissant transformer par ses paroles – la prière du Magnificat.
Avec Marie, par Marie, reconnaissons la primauté, la grandeur, la bonté de Dieu, fondement de notre existence. Dans une confiance sans réserve, quoi qu’il advienne, ne craignons pas de croire à l’accomplissement de la Promesse.
Le puissant fait pour nous des merveilles, saint est son nom !
Amen.
Père Sébastien de Groulard – vicaire général
Ap 11, 19..12, 10 / Ps 44 / 1 Co 15, 20-27 / Lc 1, 39-56
