Homélie – 22ème dimanche du temps ordinaire

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il
me suive » (Mt 16, 24)

Alors que la rentrée se profile, ou est commencée, avec la multiplicité des échéances, activités, Jésus nous situe face à l’essentiel de nos vies. Comme chrétiens nous invités à suivre le Christ, en nous offrant, en portant notre croix. Plus que des objectifs d’année, des projets de vie !

Suivre le Christ : s’of rir plutôt que gagner l’univers
Suivre le Christ c’est s’offrir à Dieu, se laissant séduire par Lui. Si nous sommes ici, c’est que nous avons décidé de suivre le Christ. Notre rassemblement est d’abord la réponse à son appel. Toutes les paroles de ce jour nous invitent à comprendre que nous ne faisons pas confiance à une idée mais à une personne. Jérémie le dit lui-même « Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ». Jérémie parle ainsi d’une relation très forte, initiative de Dieu lui-même. Il faut laisser Dieu agir. Se laisser séduire, c’est choisir de laisser Dieu agir. Pour cela il nous faut accepter la relation avec Lui. Souvent, nous disons mais je n’ai pas le temps pour la prière. Pour plein de raisons qui peuvent sembler justes : nos responsabilités familiales, professionnelles, engagements, liens sociaux, etc. Mais, c’est plus qu’une question de temps, c’est une question de choix. Jésus dit, c’est renoncer à soi-même, « quel avantage à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? ». Paul, dit autrement « ne prenons pas pour modèle le monde présent ». Non pas que tout soit mauvais, on voit ce qui peut être bon et c’est à ce discernement que notre Pape nous renvoie dans son encyclique « magnifique humanité ». Mais il nous dit que nous sommes face à des questions de choix : « où allons-nous ? vers quel but souhaitons-nous nous orienter ? quelle direction choisir en tant que communauté humaine et en tant que peuples ? » (n°6). Ce qu’il viendra discerner avec nous en France.
Paul a donné sa réponse, nous offrir à Dieu. Donc invités à suivre le Christ, c’est se laisser séduire et s’offrir à lui pour se laisser renouveler. Et c’est dans la Prière eucharistique que nous nous offrons à lui. A chaque messe, après avoir pris le temps de nous mettre à son écoute, ayant professé la foi, nous nous offrons à Lui, par Lui, avec Lui, en Lui, à Dieu le Père : ainsi que les prêtres le diront au cœur de la 3ème Prière eucharistique « que l’Esprit-Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire, pour que nous obtenions un jour l’héritage promis avec tes élus. » ou de la 4 ème : « afin que notre vie ne soit plus à nous- mêmes, mais à lui qui est mort et ressuscité »

En prenant sa croix
Mais sur ce chemin, Jésus nous prévient qu’il nous faut prendre sa croix. Là encore, nous sommes face à des difficultés de tous ordres. La première est une tentation dite par Pierre lui-même, celle de croire qu’en suivant, par je ne sais quel miracle l’on peut être épargné de la souffrance. Jésus lui dit que cela vient de Satan. Au passage, on voit Pierre comme balloté entre l’inspiration reçue de Dieu dimanche dernier et aujourd’hui ce qui vient de Satan, celui qui veut nous séparer de Dieu. Jésus le reprend et lui dit de passer derrière lui, de marcher derrière lui. Mais, en prenant sa croix, comme Jésus le fera.
Ce faisant, il ne s’agit pas de chercher des croix, nous avons tous des moments de souffrances, de détresse, affrontés au mal, nos croix personnelles. Par exemple, ce sont des parents qui s’inquiètent pour leurs enfants, ou la croix de la maladie, de la crainte de l’avenir, de l’emploi, face à l’avenir de la planète, etc…. Pour Jérémie, c’était l’opposition à sa prédication. Jésus nous dit de les prendre. Comme il nous avait déjà dit, mais il le répète d’une autre manière qu’il faut prendre sur nous son joug, pour qu’il puisse porter nos croix avec nous, étant comme notre Simon de Cyrène.
Sur ce chemin, nous ne sommes pas seuls, et nous entrons dans l’année du Père de Montfort, il a fait bâtir un calvaire à Pontchâteau pour nous rappeler que nous ne pouvons suivre le Christ sans accepter la croix. La prière qui nous est proposée dit de lui qu’il est « un prêtre au cœur embrasé pour annoncer la victoire du Crucifié et révéler aux pécheurs la douceur de ton pardon ».
Les bienheureux Célestin et Michel nous ont montré ce chemin en restant en malgré les risques.
S’ils ont pu le faire c’est ainsi que Célestin l’écrivit, et je termine par ce chant qui peut nous orienter en cette rentrée pastorale : « Séduits par son Visage, conduits dans son sillage, instruits par son message. Conduits par son langage saisis dans son passage, portés par son courage. Toujours, sous son Ombrage, pour lui rendre Hommage, en vue du Témoignage. Construits à son Image, compris dans son Partage, Il est notre Héritage. Nous sommes son Ouvrage Tournés vers le Christ, comme vers la Plénitude à venir :
« Il nous attend sur le Rivage ».

Michel Leroy, curé

Jér 20,7-9
Ps 62
Ro 12,1-2
Mt 16, 21-27