Alors qu’hier des enfants sont entrés en catéchuménat et d’autres jeunes et adultes en feront de même bientôt, cette entrée dans la démarche pour être chrétien est pour eux l’entrée dans l’Eglise. L’image pour exprimer ce qu’est l’Eglise est aujourd’hui donnée par Jésus dans la vigne. Une image pour comprendre ce qu’est le Royaume dont Dieu prend soin et il nous appelle à être membres de son peuple de prêtres, prophètes et rois, qui prend soin de sa vigne.
L’amour de Dieu pour son peuple : marqués du signe du Christ
On ne peut comprendre le Royaume de Dieu et l’Eglise qui est appelée à le servir que si l’on comprend qu’avec cette image Dieu veut manifester son amour pour nous. Le prophète Isaïe a ces paroles de Dieu, « le bien-aimé », qui sont comme un poème, une déclaration d’amour. Ici, un amour déçu parce qu’il n’y a pas eu la réponse. Non seulement il n’a pas été reçu, mais dans la parabole Jésus annonce sa mort, lui le Fils, et sa résurrection, lui qui sera la pierre angulaire pour construire l’Eglise au service du Règne de Dieu.
Cet amour de Dieu pour ce monde, lui qui veut en faire son royaume, il nous est donc aujourd’hui manifesté par le signe de la croix. Cet amour de Dieu Père Fils et Saint Esprit est révélé sur la croix de Jésus et sa résurrection. Ainsi donc le signe de la croix en est le signe. Quand nous faisons le signe de croix sur nous, nous sommes enveloppés du signe de la croix au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.
Juste après vient ce dialogue qu’est le souhait que la grâce de Jésus, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit, bref que le Seigneur soit avec nous. Ce souhait, Le Seigneur soit avec vous, scande, rythme les différents moments de la messe. C’est ce qui signifie sa présence réelle au cœur de notre célébration
Avec cette première image de la vigne nous avons l’image de l’amour de Dieu pour l’humanité, d’autres images vont dire alors les différentes facettes de l’amour de Dieu. Parmi les autres images, le bercail, le troupeau, le terrain cultivé, la construction le temple la famille, l’épouse, il y a au moins deux autres images, que j’aimerai prendre avec vous, le bateau, le peuple en marche. Un bateau. On dit de l’endroit de l’église ou vous vous trouvez que c’est la nef autrement dit le bateau. Vous êtes un peu comme les apôtres avec le Christ dans le même bateau (cf Mt 14). Nous sommes aussi le peuple en marche, dont notre diacre Hubert nous a parlé. L’Eglise étant tout cela à la fois parce que Dieu se préoccupe de ce monde, de cette «magnifique humanité » dont parle le Pape dans son encyclique et dont il a témoigné en venant à Paris, Lourdes, Metz.
L’Eglise, peuple de prêtres, prophètes,rois
Si la vigne est Royaume de Dieu, Dieu a besoin d’hommes et de femmes qui lui répondent pour en prendre soin avec lui. Car la vigne pour porter du fruit a besoin qu’on en prenne soin, sinon elle ne donne pas de fruit. L’Eglise prend soin de la vigne. Notre participation à la messe est réponse à ce souci, cet amour. Dans ce bateau qu’est l’église, il y a besoin d’un équipage, ce qui donnera le nom à équipe. Si je prends cette image et le mot équipe d’où il vient, c’est pour nous rappeler l’importance de ce moment de préparation des sacrements et de cette manière d’être en équipe en Eglise. L’équipage, avec ses équipes, sont le peuple de Dieu, peuple de prêtres, prophètes et rois. Quand le pape est venu en France, il a vécu toutes dimensions de la vie chrétienne avec nous de près ou de loin et en a rappelé l’importance aujourd’hui.
Peuple de prêtres, nous le vivons en chacune de nos célébrations, comme ce jour. Si les célébrations avec le Pape sont impressionnantes. Il n’en reste pas moins que chaque messe, est aussi importante, parce que Jésus-Christ est présent par l’Esprit Saint ainsi que nous l’avons déjà dit.
Peuple de prophètes : comme Isaïe, mais aussi comme Jean-Baptiste ou comme les apôtres, en annonçant à temps et contretemps la Parole de Dieu et l’engagement qu’elle nous invite à prendre. C’est ce que le Pape a rappelé devant les chrétiens, mais aussi les plus hautes autorités de l’Etat. Mais, pour cela il faut
sans cesse revenir à la source de la Parole.
Enfin, peuple de rois, au service du royaume de Dieu, en ce monde. En vivant tout ce qui est justice (Ph, Is) et droiture (Is). Dans ce monde traversé de tant d’angoisses, d’incertitudes, de tant de défis, ainsi que nous commençons à voir avec la lettre encyclique « magnifique humanité ». Nous sommes appelés au dialogue avec tous au service de la paix, comme signifié à Metz, lors de l’appel des responsables religieux. Notre mission, un de nos rôles dans l’équipage est bien celui-là.
Les saints ont chacun vécu cela. Que ce soit saint François d’Assise, le pauvre d’assise artisan de paix et de dialogue qui a tant marqué à son époque que nous fêtons aujourd’hui, et nos bienheureux que nous retrouverons dans 15 jours, qui ont vécu toutes ces dimensions. Et surtout cette année avec le Père de Montfort. Avec Marie en ce mois d’octobre, méditons et vivons les appels à renouveler les promesses de notre baptême pour vivre et proclamer le salut par la Croix.
Michel Leroy, curé
Homélie de 27ème dimanche du Temps ordinaire
Is 5,1-7 A
Ps 79 04/10/2026
Ph 4,6-9
Mt 21,33-43

