Homélie – 3ème dimanche de Pâques

 

La résurrection de Jésus mystère pascal de salut,
difficile à comprendre mais grâce toujours actuelle

Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Profitons de ce temps de Pâques pour recentrer nos vies sur le mystère pascal du Christ, de mort et de résurrection, pour le mettre au cœur de nos vies, de nos journées. D’une autre manière, pour comprendre combien ce mystère est important lors d’une célébration de Pâques, à des jeunes à qui j’essayais de faire comprendre l’importance de la résurrection du Christ, je disais que parce que Jésus était ressuscité, il y avait des églises, des écoles catholiques, etc… Au bout d’un certain temps, l’un non baptisé a pu dire mais « si Jésus n’est pas ressuscité, il n’y a pas d’école ». Eh oui ! Pas de résurrection, pas d’églises, d’écoles catholiques, de statues, de tableaux, de chants, de cloches, nous ne serions pas baptisés, je ne serai pas prêtre, le monde serait autrement. Aussi justement essayons d’entrer dans ce mystère avec Jésus pour guide, malgré nos difficultés à comprendre, que c’est une grâce toujours actuelle, contemporaine.

La résurrection de Jésus
Ainsi que l’a fait Jésus avec ses disciples, essayons en ce temps de recueillir à travers la Bible tout ce qui le concerne. C’est ainsi en particulier ce que disent les psaumes, du mystère du Christ même : « tu ne peux m’abandonner à la mort (15,10) ». Si important que ce psaume est repris par les actes des apôtres dans la catéchèse de la première prédication chrétienne à la Pentecôte. Ainsi avons-nous pu le vivre à la veillée pascale. Rien que cela, nous fait comprendre le jeu si discret et si décisif des psaumes en chaque messe, en chacune des prières de l’Eglise : c’est la prière du Christ, parce que la prière qui dit le Christ que prie le Christ, le révèle. Nous pouvons même aller plus loin en disant que c’est toute la Bible qui est accomplie par le Christ, donc Jésus est le révélateur. Mystère du Christ de Dieu, car cet événement, c’est l’évènement en Dieu, puisque Jésus va vers son père et notre Père dans l’Esprit. C’est ce qui explique qu’il n’est pas, après sa résurrection, d’abord avec ses apôtres, mais qu’il vient de Dieu les rejoindre par un geste de lui et reconnu dans un mouvement de foi et d’amour.
Enfin mystère de salut, Pierre nous le dit : c’est par lui que nous croyons et nous vivons et que cela change la vie et aussi par-delà la mort, nous savons que nous ne sommes pas condamnés à une errance perpétuelle, mais nous sommes appelés à être avec notre Père, ainsi que Jésus lui-même. Quelle grâce !

…difficile à comprendre à reconnaître
Cette grâce n’est pour autant pas facile à comprendre. Des milliards d’hommes et de femmes n’y croient pas. Et même parmi ceux qui devraient y croire, combien effectivement. Or, Jésus lui-même savait bien cet écueil, qui devient souvent un échec. On parle souvent de Thomas. Mais, il y a, me semble-t-il plus.
Déjà, ces disciples d’Emmaüs, ainsi que Marie Madeleine et d’autres ne le reconnaissant pas immédiatement. Jésus peu de temps avant sa mort avait bien prévenu ses disciples dans une parabole : « S’il n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus » (Luc 16,31). Il avait emmené avec lui ses plus proches pour les préparer par la transfiguration. Sans parler de Paul, à Athènes, à qui on dira « on t’écoutera une autre fois » (Ac 17,32).
Surtout pour que l’on croit à sa résurrection, Jésus ne pouvait qu’apparaître à ceux qui l’avaient connu, mangé avec lui et surtout les témoins de sa mort.

…Mais une grâce toujours actuelle
Ceci dit, la grâce de la résurrection est la grâce toujours actuelle de notre vie. Parce que la résurrection est l’assurance de la présence du ressuscité vivant à nos côtés. Il ne peut pas donner le témoignage de son corps ressuscité pour la raison évoquée avant, mais comme il l’a aussi fait avec les disciples d’Emmaüs, donner les signes de son ministère, ici la messe et aussi comme il l’a dit auprès des plus petits de ses frères, les plus démunis « c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40).
La grâce toujours actuelle de la résurrection est toujours d’abord, en Eglise, comme pour les disciples, et en particulier, par les sacrements. Si nous allons à l’église c’est à cause de la résurrection. Dès que je vais à la messe, je témoigne d’abord et avant tout de la résurrection de Jésus. C’est pour cela que la messe de la communauté est le dimanche. J’ose dire ne pas venir à la messe, avec les autres, c’est nier la résurrection ; on croit sinon en une illusion, une belle idée, non réelle. Pourquoi venons-nous à l’Eglise ?
Pas d’abord pour l’ambiance, retrouver des amis, pour l’église. Mais pour d’abord témoigner de la résurrection. C’est-à-dire que Jésus est vivant et se donne à rencontrer. Sans la résurrection, il n’y a pas les sacrements, il n’y a pas d’église. Mais, il y a aura des églises tant qu’il y aura des personnes qui croient à la résurrection du Christ.
Aujourd’hui, de même que pour les disciples d’Emmaüs, cette rencontre est aussi la nôtre. Jésus a rejoint Cléophas, mais aussi le disciple anonyme qui pourrait être tout un chacun. Tu as été rejoint par Jésus, penché sur tes pensées.
Tu l’as entendu, tu l’entends te parler encore et encore. « Comme votre cœur est lent !!!!!! » Ton cœur est- il brûlant ? Il est là présent. Nous ne pouvons entrer dans la compréhension qu’au plus près de « notre cœur ». Je nous renvoie à la dernière encyclique du Pape François sur le cœur.
Le reconnaîtras tu lors de la fraction du pain ?
La résurrection, c’est la réalité de notre vie. Tout prend sens à partir de là : la Bible, les écritures, la religion, la foi, la vie éternelle, notre agir, les sacrements, le sens du monde, notre avenir. « Reste avec nous, Seigneur », « Tu m’apprends le chemin de la vie ».

Michel Leroy, curé

Ac 2
Ps 15 19 avril 2026
1 P 1, 17-21
Lc 24,13-35