
Mercredi 24 décembre, dans l’après-midi, je rentre dans une chambre de la clinique où je me présente à un monsieur en tant qu’aumônier catholique (*). Nous échangeons quelques mots sur la banalité d’un séjour à l’hôpital ; il me dit sa déception de ne pas pouvoir rentrer chez lui le jour de Noël, car le taxi ne viendra le chercher que le 26 ; l’échange tourne en boucle sur ce sujet qui l’obsède. Je m’apprête à quitter la chambre quand il me retient et me dit : « Vous savez, je prie devant une statue de la Vierge, dans mon garage. Je récite un ‘Je vous salue Marie’ tous les jours, des fois, trois et le dimanche, neuf ! ». Histoire singulière débutée par la découverte d’une statue dans une poubelle de sa rue. «…Mais vous savez, je prie aussi Jésus sur la croix… [long silence]…
Et vous, vous y croyez à la résurrection ? ».
En quelques minutes, par Marie, passer de Noël à Pâques : Marie au pied de la croix, Marie qui intercède pour nous auprès de son Fils. Á Noël, lorsque nous chantons « Il est né le divin enfant », nous affirmons : « de la crèche au crucifiement, Dieu nous livre un profond mystère… ». Mystère de l’incarnation : Jésus fait homme, donc vulnérable. Mystère de la résurrection : Jésus mort sur la croix et revenu à la vie. De Noël à Pâques, c’est la vie qui triomphe !
« Et vous, vous y croyez à la résurrection ? »
Par la question de cet homme, ce n’est pas le catéchisme qui était interrogé mais ce que moi, je crois, …, ce que chacun de nous, nous croyons. Nous revivons ce grand passage au cours du Triduum pascal (du Jeudi Saint au jour de Pâques). Le Samedi Saint, jour du silence ou pour certains, jour de l’incompréhension : Jésus crucifié est mort. Jour de questionnement mais aussi jour d’Espérance car nous croyons que de la croix peut jaillir la vie.
Mais croire est un chemin, il faut du temps, toute une vie parfois.
La sagesse de l’Église nous a donné le temps pascal, les cinquante jours après Pâques, comme un « grand dimanche » (Saint Athanase), pour célébrer le mystère pascal : contempler le ressuscité dans la joie des premiers témoins de la résurrection et se préparer à accueillir l’Esprit Saint.
Pour les néophytes [nom donné aux catéchumènes après leur baptême], c’est le temps de la mystagogie, «temps où les néophytes acquièrent une intelligence plus complète et plus fructueuse des mystères grâce avant tout, à l’expérience des sacrements reçus et à la catéchèse qui l’accompagne » Rituel de l’Initiation Chrétienne des Adultes n°237 ; durant ce temps pascal, ils entrent plus profondément dans la vie et la mission de la communauté des fidèles.
Nous sommes invités à les accompagner sur ce chemin par la prière, la lecture de la Parole, la vie sacramentelle et la rencontre d’autres chrétiens avec qui nous redisons le Credo chaque dimanche.
Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !
Florence Trémodeux
Coordinatrice pastorale paroissiale et aumônier en clinique

