Homélie – 1er dimanche de Carême

Ps 50 22/02/2026
Ro 5, 12-19 
Mat 4, 1-11 Si tu es Fils de Dieu : le combat du messie pauvre pour les pauvres, qui est aussi le nôtre ses disciples
Le dialogue entre Jésus et le diable est fini. Le combat continue. Il se fera différemment tout au long du ministère de Jésus et il l’est pour nous aujourd’hui dans ce temps du carême qui nous révèle un des aspects de notre vie chrétienne. Il prend forme du combat spirituel que ce soit pour les catéchumènes et les vieux baptisés. C’est d’abord le combat du Christ pauvre, qui accueille comme Fils de Dieu son Père sa mission, pour être celui des disciples, Fils de Dieu que nous sommes.

Si tu es Fils de Dieu : le messie pauvre pauvres pour les pauvres qui accueille Dieu son père, comme Dieu
Le combat de Jésus-Christ pauvre est celui face au diable. « Si tu es Fils de Dieu… » Le diable sait très bien à qui il a à faire, à Jésus révélé ainsi à son baptême et dont Matthieu vient de nous dire que l’Esprit la
conduit au désert. Qu’est-ce donc qu’être Fils de Dieu ? Pour Jésus c’est assumer totalement l’humanité jusqu’à être le messie pauvre pour les pauvres comme le rappelle le Pape Léon, dans le texte de ce dimanche qui nous sommes invités à méditer. Ceci va totalement à l’encontre de ce que le diable propose.
Ainsi donc dès ce début de carême, nous sommes invités à contempler le Christ, nous situer dans son combat face au diable. Le combat survient lorsqu’il « a faim », au moment de cette fragilité qu’utilisent
tous ceux qui, comme le diable, veulent manipuler.
Le diable insinue à Jésus d’aller à l’encontre de sa mission et surtout de Dieu son Père, en se servant de sa condition divine pour nier son humanité, en devenant un messie terrestre et surtout qui se suffit à lui-
même. Ce refus préfigure ce que Jésus évitera tout au long de sa vie, lui qui n’aura pas de « lieu accueillant », ainsi que le dit notre Pape. Jésus le demande dans sa prière afin que ce soit Notre Père qui
nous donne le pain quotidien. Ensuite, à la différence d’Adam et Eve, Jésus accueille totalement la parole de Dieu son Père, et pas une parole déformée. Le diable porte malheureusement bien son nom : celui qui divise, opposé à Jésus celui qui rassemble (Mt 23). Là encore, Jésus ne voudra pas d’artifices magiques pour nier sa condition et la nôtre. Mais, dans sa prière il demande à son Père qu’il ne nous laisse pas entrer en tentation, qu’il nous délivre du mal. Préfiguration de cet ultime combat de la passion. Enfin, à la volonté de possession, Jésus nous invite à adorer Celui qui est la source de tout bien, de tout don que n’est pas le tentateur. Ce sera toute sa prière du Notre Père. Ainsi, le premier antidote est pour nous la Parole et la prière et surtout celle des psaumes et du Notre Père : psaumes qui l’accompagneront tout au long de sa vie et jusqu’à sa mort même. Ainsi Jésus pourra mener sa mission qui est celle de Son Père, poussé par l’Esprit ainsi qu’il rappelé dès le début de l’Evangile, d’être un « Messie pauvre pour les pauvres», qui accueille Dieu son Père et notre Père. Nous sommes déjà au cœur de la vie trinitaire dans laquelle nous sommes invités à vivre.

Si tu es Fils de Dieu, mène le combat de Jésus serviteur ,dans la foi, l’espérance, l’amour…
« Si tu es fils de Dieu… » A travers le Christ, c’est nous qui sommes visés. Fils de Dieu, nous le sommes par le baptême, ou appelés à l’être et donc nous avons, aurons le même combat à mener. Qu’est-ce donc être fils de Dieu pour nous ? C’est suivre le Christ sur le même chemin car « le disciple n’est pas au- dessus de son maître » (Mt 10,24). L’espérance dans ce combat est pour nous que si Jésus a vaincu le tentateur, nous pouvons grâce à Dieu Père, Fils et Esprit mener le bon combat du carême. St Paul nous l’a dit ainsi que c’est cité sur notre feuille : « par l’obéissance d’un seul, la multitude sera-t-elle rendue
juste » (Ro 5,19). L’obéissance d’un seul, c’est l’écoute de la parole de Dieu et non par l’utilisation à ses fins. C’est la laisser jour après jour nous former : » chaque matin la parole me réveille », prière de Jésus
jusqu’au vendredi saint (Is 50,4). Une parole et la prière du Notre Père qui vont nous accompagner pour mener ce bon combat pour mieux accueillir nos frères. Prière pour nous aider à « couper court » face à la
tentation ainsi que le père Alain nous l’a bien montré dimanche dernier. Tentation ici insinuée par le diable, de nous couper de Dieu et de dominer les autres.
Ayant accueilli Dieu, nous pouvons accueillir nos frères. Le carême est l’occasion, ainsi que le font dès aujourd’hui les catéchumènes à l’appel décisif et nous le ferons à Pâques, d’engager notre foi pour dans l’espérance, vivre la charité.
La foi en Dieu qui nous aime et dont nous croyons que le créateur de tout bien est celui qui pourvoit à ce dont nous avons besoin, à qui nous demandons de nous donner le ‘pain quotidien », nourriture corporelle
et nourriture de sa Parole pour notre vie. Quelle parole chaque jour me nourrit sur ma route ? Je la note, chaque jour se dessinera mon chemin de vie chrétienne.
L’espérance qu’il nous aime et nous accompagne, et qu’il nous délivre du mal. En ce temps où l’on pourrait chercher des signes de sa présence, par des signes miraculeux c’est ce qu’induit le diable, Jésus
nous renvoie à notre propre responsabilité, notre propre action. La prière que nous avons à faire est celle de jeudi « que ta grâce inspire et précède notre action, nous t’en prions, Seigneur, qu’elle la soutienne et l’accompagne, pour que toutes nos activités prennent leur source en toi et reçoivent de toi leur achèvement » ou prier le Notre Père en conscience.
La charité qui nous fait non pas posséder mais servir. Le diable n’invoque plus la filiation divine, mais nous projette face à ce monde qu’il veut asservir et non servir. C’est donc notre mission que d’accueillir
d’être fils de Dieu disciples d’un Messie pauvre pour les pauvres.

Michel Leroy, curé