Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité !
Sœurs et frères, nous sommes dans la joie d’avoir fêté la résurrection du Christ dimanche dernier, et nous partageons la joie des nouveaux baptisés de Pâques.
Nous sommes aujourd’hui invités à partager cette joie de la victoire du Christ sur la mort, qui nous ouvre à l’espérance de notre propre résurrection. Cette promesse nous est rappelée dans la lettre de Pierre que nous avons entendue. Pierre, dans sa prière de louange au Seigneur, nous enjoint particulièrement d’exulter de joie, à cause de la résurrection du Christ en qui
nous mettons notre foi.
Le psaume également nous appelle à nous appuyer sur le Seigneur éternel, et à vivre dans la fête et la joie chaque fois que nous faisons mémoire de la victoire du Christ sur la mort.
Le passage du livre des Actes des Apôtres que nous avons entendu nous montre également l’allégresse dans laquelle vit la première communauté de croyants.
Cette communauté se forme à Jérusalem après la prédication de Pierre, et comporte environ 3000 nouveaux baptisés, comme nous l’apprennent les versets qui précèdent le passage de ce jour (Ac 14,41).
Cette communauté s’organise autour de quatre activités principales, qui contribuent à son unité :
– écouter l’enseignement des apôtres
– être assidu à la communion fraternelle
– persévérer dans la prière
– être au service et prendre soin les uns des autres en mettant tout en commun.
Ces quatre activités font encore partie aujourd’hui de notre vie de chrétiens : à travers le partage et l’approfondissement de la Parole de Dieu, la communion eucharistique, la prière personnelle et communautaire, sans oublier bien sûr l’attention que nous portons à nos frères et sœurs en humanité.
Nous sommes en particulier invités au partage et à l’approfondissement de la Parole de Dieu, à l’aide des propositions de la paroisse ou du diocèse. Pour reprendre les mots de P. Alain lors de la messe de Pâques, cela nous aide à comprendre pour croire, et à croire pour comprendre.
Nous avons donc quelques mois pour réfléchir, avant la rentrée prochaine : quel parcours, quelle formation allons-nous choisir pour approfondir la Parole de Dieu ?
Nous sommes aussi invités à être vigilants sur l’attention que nous portons à nos frères et sœurs en humanité. Le pape Léon, dans son exhortation apostolique « Dilexit Te » rappelle que l’attention aux plus pauvres n’est pas facultative, pour se dire chrétien. Je le cite : « Le chrétien ne peut pas considérer les pauvres seulement comme un problème social : ils sont une “question de famille” ; ils sont “des nôtres”. La relation avec eux ne peut pas être réduite à une activité ou à une fonction de l’Église ». (Dilexit Te § 104) P. Michel, lors de la veillée pascale, nous a rappelé que la joie de la résurrection ne peut-être parfaite si nous négligeons les pauvres de notre monde ainsi que la création ».
Nous pouvons également prendre conscience des injustices de notre monde qui conduisent à un creusement des inégalités ; est-ce que nous réfléchissons si nos choix quotidiens luttent contre les systèmes de paupérisation ou d’exclusion ? Ou bien nos choix quotidiens sont-ils complices de ces systèmes d’exclusion ? Ou bien notre indifférence prend- elle le dessus ? « Nous sommes habitués à regarder ailleurs, à passer outre, à ignorer les situations jusqu’à ce qu’elles nous touchent directement », nous dit le Pape Léon (Dilexit Te §105)
Le Pape nous invite également à réfléchir ce qu’est le vrai culte, en rappelant les paroles de St jean Chrysostome, je le cite « la charité n’est pas une voie facultative, mais le critère du vrai culte » et encore « Veux-tu honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu et, pendant qu’ici tu l’honores par des étoffes de soie, ne le méprise pas à l’extérieur en le laissant
souffrir le froid et la nudité ». (Dilexit Te, §41 et 42)
La lettre de Pierre nous indique aussi que la joie et l’espérance de la résurrection ne nous garantit pas une existence à l’abri des épreuves. Pierre nous invite à persévérer dans la confiance en Jésus qui nous ouvre le chemin de la Vie, et à la confiance en l’amour et en la miséricorde infinie de Dieu.
Saint Jean-Paul II, en instituant le dimanche de la miséricorde divine au 1er dimanche suivant Pâques en 2001, nous invite à dire, à la suite de Sainte Faustine, « Jésus, j’ai confiance en toi ».
Nous avons également une illustration de la miséricorde de Dieu avec l’attitude de Jésus envers Thomas, dans l’évangile de ce jour. Jésus ne fait pas de reproche à Thomas pour son incrédulité. Il ne l’accuse pas de ne pas avoir écouté les autres disciples, ni de les avoir soupçonné d’hallucination collective.
Au contraire, c’est avec une grande douceur qu’il accède à la requête de Thomas ; le Thomas qui doute se transforme alors en le Thomas qui croit.
Pour nous qui n’avons pas vécu au temps de Jésus, nous éprouvons parfois des difficultés à croire ; regardons les premiers disciples qui eux aussi, même en accompagnant Jésus, ont eu besoin de temps pour comprendre. Nous les voyons dans la peur, renfermés sur eux mêmes dans l’évangile de ce jour, et nous les retrouvons dans la crainte de Dieu avec la première communauté. La crainte de Dieu ce n’est pas la peur ; au contraire, craindre Dieu, c’est simplement L’aimer, désirer ce lien d’amour et de confiance qui nous unit à Lui.
Cette crainte, qui est un don de l’Esprit-Saint, nous tourne vers Lui et nous permet de nous ouvrir aux autres. C’est ce à quoi nous sommes invités, afin de rayonner de la vie nouvelle à la suite du Christ ressuscité.
