A la messe Dieu s’offre à nous pour que nous nous offrions à Lui.
« Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn 13). Oui, frères et sœurs, petits et grands, ce que nous vivons ce soir nous dit quel est l’amour de Dieu pour nous et à quel amour nous sommes appelés.
La charité de Dieu en Jésus ou les langages de l’amour de Dieu pour nous
Pour dire l’amour de Dieu pour nous, Jésus au cours de son dernier repas joint les actes aux paroles. Ce sont les langages de l’amour de Dieu pour nous. Et comme on parle souvent de l’amour pour des choses bien différentes, écoutons et voyons ce qu’il dit et fait par : des paroles, un moment unique, un geste le lavement des pieds, le service humble, le don. Les paroles de l’Evangile nous disent quel homme il est : Dieu, et serviteur. Un moment unique, celui du dernier repas avec ses disciples. Il sait ce qu’il a à vivre dans sa passion, sa mort et sa résurrection. Il prépare ses disciples à son départ. Par le geste du serviteur, le lavement des pieds il veut signifier jusqu’au dépouillement par le service humble de l’autre, parce que ce service n’était autre que celui de l’esclave. Ce geste est accompli pour comprendre que Jésus donne sa vie dans le plus grand des dons, le don de lui-même, l’offrande en sacrifice de sa vie pour notre salut. Et puisque Jésus donne sa vie sans d’autre condition que celle de l’amour, nous savons qu’il peut nous donner son amour, divin, par la force de son Esprit. C’est bien par amour qu’il va nous donner le pain et le vin qui sanctifiés deviennent son corps et sang du Christ. C’est de ce cœur de la foi dont nous faisons mémoire à chaque messe.
Le sacrement de la charité : le mémorial, langage de l’amour de Dieu et des hommes
En réponse de cet amour, nous avons aussi au cœur de la messe, ces langages de l’amour de Dieu pour nous et de nous pour Dieu, les uns avec les autres. La messe est un mémorial, un moment passé, qui aujourd’hui nous ouvre l’avenir.
Du passé, du dernier repas de Jésus, mais aussi de toute sa vie, nous reprenons les gestes de Jésus pour nous entrer dans son amour. Après l’Evangile qui sont les paroles et gestes de Jésus, les lectures accomplies par Jésus, nous reprenons les propres gestes de Jésus à son dernier repas ainsi que Paul l’a rappelé. Jésus prend le pain, c’est la préparation des offrandes, Jésus prie, c’est la prière eucharistique, Jésus rompt c’est la fraction du pain, et Jésus donne, c’est la communion. Tout dans la messe nous parle de Jésus, nous renvoie à Lui. C’est pour cela qu’il nous faut du temps pour comprendre la messe, connaître Jésus. C’est pour cela que pour comprendre la messe, il faut d’abord apprendre à vraiment connaître Jésus, sinon nous en restons à des rites qui ont plus ou moins de sens. C’est pour cela que nous n’aurons jamais fini de découvrir la messe parce que nous n’aurons jamais fini de découvrir qui est Jésus. Par le don, l’offrande de sa vie, son sacrifice sur la croix et sa résurrection pour nous sauver, nous réconciliant avec Dieu, Jésus nous libère de nos péchés, de nos égoïsmes. Et il y a un moment dans la messe où nous entrons plus intensément dans l’offrande de Jésus c’est au cours de la Prière eucharistique où nous demandons que l’Esprit nous offre à notre tour.
Car le Présent, c’est l’amour de Dieu qui nous est donné, par ce que Jésus est mort et ressuscité, qu’il est Vivant. C’est pour cela que la messe est d’abord célébrée le dimanche. Jésus ressuscité se donne à entendre et rencontrer dans sa Parole, dans l’assemblée, et à communier dans le pain de vie, par le service du ministère des diacres et prêtres. C’est pour cela que ce jeudi saint, c’est l’institution de l’eucharistie et la fête du sacerdoce du Christ, de Jésus-Christ qui donne, qui offre sa vie pour nous pour nous unir à Dieu.
Il donne, il offre à jamais son amour, sa miséricorde. Les diacres et prêtres en sont les serviteurs. Et ils signifient plus qu’eux. Ils signifient le service de tous les chrétiens et le don de leur vie. Nous sommes dans la joie de l’anniversaire des 10 ans de ministère de Guillaume.
Enfin l’avenir, c’est un amour à vivre. Et plus précisément et surtout de manière plus claire, le don de Dieu en Jésus-Christ par son Esprit à la messe est l’antidote à toutes nos peurs, craintes, égoïsme, péché. Jésus le sait très bien, nous sommes fragiles et inconstants. Ses apôtres en sont les premiers témoins. Le risque face aux problèmes, aux crises, à l’adversité est de renoncer, de baisser les bras dans le service de Dieu et de nos frères. Or non seulement, nous avons le témoignage de Jésus, son offrande le don de son Esprit mais nous avons aussi d’autres témoins animés de son Esprit nourris à son Eucharistie. Cette année, nous faisons mémoire de ce qui s’est passé il y a trente, les moines de Tibhirine, étaient capturés et tués.
Nos frères Célestin et Michel, avec leurs frères Christian, Christophe, Luc, Bruno, et Paul ont suivi le Christ dans l’humble service de leurs frères et de Dieu. Je vous laisse en témoignage l’acte d’offrande de frère Michel, réponse à l’amour de Dieu, entrons avec lui dans notre offrande : « Esprit saint créateur daigne m’associer, le plus vite possible au mystère pascal de Jésus christ notre Seigneur, par les moyens que tu voudras- sûr que Toi, Seigneur Tu le vivras en moi et pour ce que Tu voudras. Daigne recevoir cette pauvre offrande de ton indigne serviteur et ami à la louange de ta gloire et la consumer dans le feu de ton Amour. O toi qui vis dans la communion du Père et du Fils, à toi louange et gloire éternellement. » (Heureux
ceux qui se donnent, p. 34-35). « Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn 13).
Michel Leroy, curé
Ex 12 Jeudi Saint A
Ps 115 2/04/2026
1 CO 11, 23-26 Bx Célestin et Michel en Val de Cens
Jn 13
